Dans les années 70–80, les bureaux d’école et les ateliers créatifs étaient des terrains de jeu. Les feutres traînaient dans des pots improvisés, des boîtes en plastique ajourées, des rangements fonctionnels mais jamais neutres. Ils faisaient partie du décor, presque du geste créatif. On attrapait une couleur comme on attrape une idée : spontanément.
En imaginant ce rangement, je suis parti de cette mémoire visuelle et tactile. Les formes simples, répétitives, presque industrielles. Les couleurs franches, sans compromis. Une géométrie évidente, lisible, rassurante. Le cube s’est imposé naturellement : une forme universelle, stable, intemporelle. Puis la grille, inspirée à la fois des bacs d’atelier, des modules de design italien et des objets pédagogiques de cette époque où le plastique assumait pleinement son rôle.
Ce projet revendique une certaine honnêteté du design.
Chaque ouverture est pensée pour accueillir un feutre, un stylo, un outil. Rien n’est caché. Tout est visible. La couleur devient une matière première à part entière, exposée, organisée, prête à être utilisée. Le rangement n’est plus un simple accessoire : il devient une extension du processus créatif.
Ce projet revendique une certaine honnêteté du design. Pas de superflu, pas d’effet décoratif gratuit. Juste une fonction claire, rendue désirable par la forme, la répétition et la couleur. Un objet qui pourrait aussi bien trouver sa place sur un bureau contemporain que dans une salle de classe d’hier.
En le partageant aujourd’hui, l’idée est simple : proposer un objet utile, imprimable, accessible, qui reconnecte le geste créatif à une esthétique familière. Un clin d’œil aux décennies où l’on dessinait sans écran, où les outils étaient visibles, rangés, mais toujours à portée de main.
Un objet du quotidien, pensé comme un petit manifeste : le design commence souvent par la manière dont on range ses idées.
The author marked this model as their own original creation.